Dauphiné Liberé

Lignes de fuite

Dans les locaux de la bibliothèque Gabriel Péri, Edwige G. Bernanoce propose son exposition : « Voir comme nous sommes ». Jouant du noir & blanc comme de la couleur, avec ses images comme avec ses mots, Edwige partage sa monstration en 6 espaces à décrypter. Prenons le parti de ne pas chercher dans nos références personnelles des noms de lieux et de dates. Acceptons ses rapprochements d'images et de mots comme la mises à plat  d'une fragilité et d'une résistance personnelles aux éléments extérieurs. Montrer, dire pour témoigner d'un moment d'évolution. D'abord 4 images couleurs en premier point de vue. De la place de la photographe nous voici en plongée dans l'embrasure vitrail coloré d'un paysage de bord de mer bétonné, sous l'emprise de colonnes antiques à regarder le même ciel nuageux, sur la piste graphique d'un aéroport aux lignes de fuite soudain arrêtées et sous le cercle doré d'une brillance encerclant le néant d'une ouverture vers un ciel sombre. 4 textes accompagnent ces 4 images, pour nous détourner ou pour nous conduire ? Pour les 4 autres qui suivent les tracés géométriques en légende soulignent les recherches de constructions d'une petite fenêtre résistante dans une ouverture cadrée sur un mur brut, puis d'un escalier roulant progressant vers une bâtisse plus ancienne, de toits de verres sur bâtiment ancien et de l'intérieur d'un palais tarabiscoté d'une multitude de chapiteaux structurés comme les rayons d'une ruche. Toujours ces lignes de forces et cette querelle entre passé solide d'expérience et avenir éclairant. Le nouvel espace se joue plus des couleurs  douces et franches à travers 4 images plus quotidiennes où l'humain semble venir juste de quitter la photographie. Dans toutes ces vues prises par en dessous, il y a l'envie de rejeter la tête en arrière pour reprendre une belle respiration, pour ne pas rester bloqué sur une peur. Ensuite, voici 5 déclinaisons en noir & blanc et en feuilletage de mots, comme une association surréaliste pour mettre un peu  d'humour et de participatif à tout cela. Ce que perdurent les deux derniers espaces plus graphiques, plus petits instants volés. À partir de tout cela, c'est peu dire combien nous attendons la prochaine exposition en photographie et écriture d'Edwige G. Bernanoce. Il lui faudra choisir une seule piste, et nous pourrons dire alors que le point de départ était déjà dans l'une ou l'autre des propositions ici offertes.
Pierre Lecarme
Bibliothèque Gabriel-Péri à Saint-Martin-d'Hères jusqu'au 19 février 07.

Infos : 04 76 42 13 83